Le mémoire à la MSc, une formidable opportunité pour travailler aux Nations Unies

  • Marina Mesure, diplômée du BAA option mixte Relations internationales et Gestion des Ressources Humaines en 2011 et MSc en GRH en 2013, nous parle de sa rencontre décisive, du choix de son mémoire déterminant pour sa carrière professionnelle avant de nous décrire ses projets passionnants aux Nations Unis et au sein des Syndicats Internationaux. 

  • Marina, pourrais-tu nous raconter ton parcours ?

  • J’ai suivi l’intégralité de mes études universitaires à HEC Montréal. Si mon expérience au BAA a été riche en enseignements, c’est néanmoins à travers la MSc que j’ai pu m’épanouir pleinement et me spécialiser dans le domaine de mon choix.

  • En effet, j’ai eu la chance de rentrer à la MSc avec un projet précis suite à une rencontre marquante avec le professeur Marc Antonin Hennebert lors de ma dernière session de BAA. Celui-ci dispensait un cours sur les relations de travail et j’ai tout de suite été captivée par ce domaine. Ainsi, j’ai intégré la MSc dans le but de faire un mémoire sur les relations de travail avec ce professeur.

  • Ma recherche portait plus précisément sur les accords-cadres internationaux (des accords signés entre des entreprises multinationales et des alliances syndicales internationales). Ce sujet étant alors d’actualité à l’OIT (Organisation des Nations Unies spécialisée dans le droit international du travail), j’ai pu y obtenir un stage.

  • J’ai ainsi débuté ma carrière professionnelle aux Nations Unions en travaillant sur des projets internationaux en lien avec le dialogue social, la liberté syndicale, le droit à la négociation collective, la lutte contre le travail forcé et la lutte contre le travail des enfants.

  • J’ai adoré cette expérience, toutefois, j’ai très vite senti que pour être plus pertinente dans mon travail, il fallait que je connaisse davantage les acteurs et les besoins au niveau du terrain. Cet objectif en tête, j’ai commencé à travailler pour les alliances syndicales internationales. Les syndicats internationaux sont divisés par secteur, et j’ai d’abord travaillé en tant que consultante sur les enjeux de migration dans le secteur de la construction.

  • Mon plus gros dossier concernait la lutte contre l’esclavage sur les chantiers de construction au Qatar. Il faut savoir qu’en vue des préparatifs de la Coupe du monde de Football en 2022, des milliers de travailleurs sont déjà morts pour construire les stades et autres infrastructures.

  • J’ai ensuite été coordinatrice d’un projet de renforcement des structures syndicales en Afrique Francophone afin de renforcer la capacité à négocier collectivement, d’implanter des syndicats et de  promouvoir le dialogue social au sein des multinationales notamment chinoises.

  • Par la suite, j’ai été approchée par les syndicats français qui lançaient, grâce au financement de la Commission Européenne, un gros projet avec 8 autres pays, sur la problématique des travailleurs détachés. Je trouvais ce projet européen passionnant alors j’ai déménagé sur Paris et j’en suis devenue la coordinatrice. A travers ce projet, je suis amenée à me déplacer régulièrement en Europe et à travailler avec des syndicats et des inspections du travail.

  • Au-delà de la gestion quotidienne de ce projet, je m’implique parallèlement dans la défense active et directe des travailleurs détachés. Par exemple, j’ai défendu récemment des dizaines de travailleurs roumains qui n’avaient pas été payés pendant des mois. Il a fallu négocier pendant plus de 5 mois avec une multinationale française et son sous-traitant, une entreprise italienne, afin de récupérer les salaires de ces travailleurs. Aujourd’hui, les travailleurs ont récupéré des milliers d’euros et l’entreprise italienne est devant la justice.

  • Quelle est ton actualité ?

  • Je suis actuellement en discussion avec les alliances syndicales internationales à Genève afin de commencer une nouvelle mission. Cette mission concernerait le secteur du ciment et l’idée serait de mener une étude mondiale dans 25 pays et 165 entreprises afin de connaître les grandes tendances du secteur en matière de santé et sécurité au travail, conditions de rémunérations, niveau de protection sociale et chaînes de sous-traitance.

  • Cette étude est d’autant plus importante qu’elle s’inscrit dans un contexte social difficile où les leaders mondiaux du ciment ont entamé une série de fusions qui vont avoir des conséquences importantes sur des milliers de travailleurs… Je continuerai cependant à gérer en parallèle le projet européen sur les travailleurs détachés, donc je vivrai entre Paris et Genève.

  • A ton avis, quels sont les atouts d’HEC Montréal?

  • Le passage d’HEC Montréal à l’ONU ainsi qu’aux syndicats internationaux s’est très bien passé car j’étais déjà habituée à côtoyer différentes cultures et nationalités.

  • Je me souviens aussi d’un cours suivi au BAA sur la gestion en contexte interculturel. Si ce cours me semblait un peu abstrait lorsque j’étais étudiante, il a pris depuis tout son sens dans mon milieu professionnel car la différence culturelle est un vrai enjeu au quotidien que ce soit dans le travail d’équipe et encore plus dans le cadre des négociations collectives internationales.

  • Dans mon domaine, la formation HEC m’a également permis de me différencier par rapport à des profils en sciences politiques ou relations internationales qui ont une approche plus théorique et un peu moins pratique.

  • L’approche « pratique » est un pilier de notre enseignement à HEC Montréal (étude de cas, la mise en situation…) et cela est très bénéfique dans n’importe quel milieu professionnel.

  • Aurais-tu des souvenirs particulièrement marquants ?

  • J’ai été marquée par la vie étudiante et associative. J’ai notamment été impliquée quelques années dans l’association HumaniTERRE d’HEC Montréal, où j’ai mené des projets passionnants tels que l’organisation d’un défilé de mode écologique, de conférences sur la responsabilité sociale des entreprises et autres projets en lien avec le commerce équitable.

  • J’ai aussi gardé un excellent souvenir de la SPECQUE (Simulation du Parlement Européen Canada Québec Union Européenne) à laquelle j’ai participé pendant 3 ans. A travers la SPECQUE j’ai acquis une connaissance solide du fonctionnement des institutions européennes et des grands enjeux politiques.

  • Cela a également été très formateur car nous apprenions à rédiger des amendements, à construire un argumentaire politique et à le défendre devant plus de 200 personnes. Ce fût par ailleurs une très bonne occasion de faire de belles rencontres avec des étudiants de l’Union Européenne et du Canada ainsi que de développer mon réseau.

  • Quels sont les conseils que tu souhaites transmettre aux autres diplômés ?

  • « Marchez sans peur dans la direction de vos rêves! Vivez la vie que vous avez imaginée», citation de Henri-David Thoreau.

  • Voici le message que je souhaiterai faire passer aux étudiants et diplômés. N’hésitez pas à sortir des sentiers battus afin de suivre vos rêves et de faire votre place dans cette société.

  • N’hésitez pas à essayer, à vous tromper, et à recommencer car la vie est pleine de défis à relever.

  • Il y aura toujours des voies « royales » en sortant des écoles de commerce pour travailler en Banque, Conseil ou dans une maison de Luxe.

  • Toutefois, il existe d’autres voies toutes aussi accessibles alors ne vous créez pas de barrières inutiles liées aux préjugés sur les niveaux de rémunérations, sur le taux d’employabilité, etc.

  • Si vous êtes bon dans ce que vous faites, et si vous croyez en ce que vous faites, alors les opportunités sont infinies et votre travail sera reconnu à sa juste valeur.