Sciences et Business font bon ménage pour Caroline Charky

  • Sa double compétence commerciale et scientifique ainsi que son esprit entrepreneurial lui ont permis de relever de très beaux défis et de faire rayonner les entreprise québécoises en Europe. Fonceuse et passionnée, Caroline a multiplié les expériences en Développement des Affaires en Ventes et Marketing dans des entreprises innovantes du secteur bio-pharma en Amérique du Nord puis en Europe.  

  • Bonjour Caroline, peux-tu nous parler de ton parcours ?

  • Née à Montréal, j’ai commencé mes études supérieures par un an de droit à l’Université d’Ottawa. Mais ça ne me correspondait pas et j’ai finalement fait un BAA en Marketing et Gestion internationale à HEC Montréal. J’ai ensuite poursuivi par une Msc. en Management avec comme sujet de thèse l’entrepreneurship technologique comme facteurs clé du succès lors du démarrage des PME dans le secteur bio-pharma. Par exemple, faut-il mieux avoir une équipe homogène ou hétérogène ? Pour cela, j’ai interviewé des fondateurs de PME indépendamment et je les ai réunis lors de focus groupes.
  • Entre mon BAA et la Msc., j’ai fait un stage d’un an au Consulat Canadien à New York dans la section investissement, ce qui a été l’occasion d’aider des PME canadiennes à s’exporter aux Etats-Unis. Ça a été une super expérience.
  • Lors de ma Msc, entre les cours et la rédaction du mémoire, j’ai passé un an à Berkeley, près de San Francisco, chez WDHB Consulting. J’ai organisé des Learning Expeditions pour des grands groupes français comme L’Oréal ou Areva. leurs dirigeants venaient en Amérique du Nord et on les emmenaient découvrir des pratiques innovantes dans des domaines très différents de leur quotidien.

  • Suite à ma Msc. En 2003, j’ai été nommée Directrice Ventes et Marketing à Laval. chez Medeco Novo Reseach, une entreprise de consulting (CRO, Contract Research Organization) qui faisait des études de Phase 4 des médicaments post-commercialisation pour s’assurer de l’adhérence des patients. L’entreprise a dû fermer à cause d’une mauvaise gestion en interne et j’ai été recrutée en tant que commerciale Senior chez Nextal, une entreprise qui fait de la cristallographie de protéines pour découvrir de nouvelles molécules. J’ai été formée en laboratoire pour avoir une bonne connaissance du métier. J‘étais responsable les ventes aux Etats-Unis, en Italie, en Espagne et au Portugal. J’étais invitée dans les laboratoires de recherches des universités et des entreprises pharmaceutiques ainsi qu’à des conférences en tant qu’ « invited speaker ». En un an et demi, on générait plus de 2 millions de chiffre d’affaires alors qu’ils ne vendaient encore quasiment rien à mon arrivée.

  • En 2005, Nextal a été racheté par Qiagen, une grosse entreprise allemande de 6000 employés côtée en Bourse (NASDAQ) avec un chiffre d’affaire de presque 2 milliards. Ils m’ont proposé d’aller à San Diego, mais je leur ai demandé d’aller plutôt en Europe. C’est ainsi que j’ai commencé un nouveau poste à Courtaboeuf près des Ulis en tant que Regional Sales Manager responsable de générer 25 millions d’euros. Je gérais une équipe de 7 commerciaux, tous des hommes scientifiques. Ils ont été surpris que je les encourage à être autonomes car ils avaient l’habitude que leur supérieur les surveille et soit sur leur dos. On a obtenu les meilleurs résultats de la région EMEA avec une croissance annuelle de plus de 25% du chiffre d’affaires. Apres trois ans on m’a proposé d’autres postes, mais j’ai préféré partir notamment pour rejoindre une structure plus petite.

  • J’ai ensuite travaillé pendant deux ans pour Polyintell, une start-up de 30 employés qui développe une technologie utilisée par les entreprises pharmaceutiques en phase pré-clinique pour isoler les toxines. On était en phase de prototype, le produit n’était pas encore sur le marché. En tant que Global Sales & Marketing Director j’ai travaillé sur le packaging du produit, le site Internet, ainsi que la commercialisation dans toute la planète. On a signé un accord avec Gilson en Europe, on a formé leur force de vente et trouvé du financement. Très rapidement on est passé de rien à un chiffre d’affaires assez imposant.

  • En 2011, j’ai quitté Polyntell pour devenir la directrice de la filiale d’une entreprise québécoise, le Centre d’Expertise en Santé de Sherbrooke (CESS). J’ai monté la filiale européenne à partir de rien en mode entrepreneurial. On commercialisait un logiciel clinique utilisé depuis 1983 au Québec, le Système de Mesure de l’Autonomie Fonctionnelle (SMAF) qui permet de diagnostiquer l’autonomie des personnes âgées ou handicapées. En 2 ans, on a équipé 600 établissements en France; en Suisse et en Belgique. Le CESS est une société a but non lucratif au Québec et une SAS en France. Ils avaient des difficultés pour investir en Europe et la filiale a été reprise directement par le Québec.

  • Quelle est ton actualité ?

  • Depuis décembre 2012 je suis Directrice du développement des affaires de Bio-K+ International Inc.l une entreprise de probiotiques de Laval. Il s’agit d’un leader dans le domaine au Canada et aux Etats-Unis.. C’´était l’une des entreprises que j’avais contacté pendant ma Msc., je suis allée les voir pour leur proposer de se développer en Europe. Leurs produits se vendent sous forme de capsules et de lait fermenté en Amérique du Nord dans les épiceries, les pharmacies, les hôpitaux et cliniques ainsi que dans les magasins d’alimentation naturelle. On va commencer la commercialisation des capsules en à partir de septembre2014 en France, Angleterre, Espagne et Belgique. On a travaillé sur l’approbation au niveau règlementaire des produits, sur les emballages su produits ; sur la recherche de courtiers ; distributeurs et partenaires en logistique. . On a deux athlètes à Sotchi (Valérie Maltais ; médaillé d’argent en patinage de vitesse et Caroline Calvé ; surf des neiges) et on est le sponsor de Mylène Paquette, qui a fait la traversée de l’Atlantique à la rame.

  • Je m’éclate dans ce que je fais, je suis seule pour l’instant en France mais on a ouvert une filiale à Lausanne dont je suis la Directrice Générale..
  • J’apprends plein de choses, je suis très autonome. Par contre je travaille énormément et il n’est pas toujours évident de trouver un équilibre avec la vie personnelle.
  • Je me sens chez moi en Europe, je trouve que les gens sont débrouillards et astucieux.
  • J’adore pouvoir travailler en France et en Europe pour des entreprises québécoises car je connais bien les deux cultures (je suis européenne de part ma mère j’ai un passeport espagnol), mais le type de management à la française ne me correspondait pas.

  • En quoi le fait d’étudier à HEC Montréal a pu être un atout dans ton parcours ?

  • HEC Montréal m’a permis d’avoir accèes à mes stages à New-York puis en Californie. Mes études m’ont donné le goût de l’international. C’est une École reconnue et très bien connectée avec des entreprises internationales. Elle a une bonne réputation et permet de développer un très bon réseau. Les études à l’Ecoles permettent de développer les soft skills et à prendre confiance en soi. Elles nous donnent les armes pour nous démarquer en entreprise grâce à la méthode d’enseignement, les travaux d’équipe, les jeux de rôle et les business cases.

  • C’est une excellente préparation au monde de l’entreprise.
  • On apprend aussi à ne pas se mettre de limite. J’ai souvent entendu « on ne peut pas »,  » ce n’est pas possible », ca ne m’a jamais arrêté et j’ai eu souvent l’occasion de démontrer Le contraire!

  • Quels sont tes meilleurs souvenirs à l’Ecole?

  • J’ai passé 6 ans à HEC. J’ai adoré la vie étudiante. Je faisais partie de HEC ciné, j’allais chercher des commandites. On a gagné le Cas Entrepreneurship aux Jeux du Commerce, une très belle expérience. J’ai aussi participé à l’organisation du bal de la MSc. En parallèle je faisais beaucoup de patinage artistique.

  • J’ai appris à m’organiser entre la vie scolaire, personnelle, la vie associative et le sport. Je suis très fière d’appartenir à la communauté HEC Montréal car cette École m’a beaucoup apporté, notamment de la maturité et de l’organisation.

  • As-tu des conseils à donner aux diplômés?

  • Connaissez-vous et restez vous-mêmes. Croyez en ce que vous voulez vraiment faire, assurez-vous qu’il y a un fit réel entre vous et l’entreprise, Soyez sûrs de vous mais pas arrogants.

  • Faites vos preuves, vous ne pouvez pas avoir tout tout de suite. Par exemple au niveau du salaire, soyez patients, si vous travaillez bien, vous arriverez au succès.
  • Faites-vous plaisir, trouvez quelque chose que vous aimez car on passe beaucoup de temps au boulot.
  • Voyagez, faites des stages à l’étranger, ça va vraiment vous permettre de vous démarquer sur le marché du travail. C’est vraiment un plus, le fait d’avoir vu d’autres cultures.
  • Pour les entrepreneurs, avant de vous lancer, croyez en votre projet, faites-vous accompagner par un mentor, faites de bonnes études de marché. Croyez-y et lancez-vous à fond ! Ne vous isolez pas, faites partie d’associations. Enfin, restez intègres et modestes.