D’HEC Montreal à la politique, il ne faut qu’un pas !

  • Si étudier à HEC Montréal n’est pas un parcours habituel pour faire carrière en politique, tout est possible pour nos diplômés ! Passionné de politique, Germain a mis à profit son parcours à HEC Montréal et son expérience dans le privé pour apporter une vision novatrice au sein de l’organisation publique. Germain Grac Aubert, diplômé du BAA d’HEC Montréal en 2009 est aujourd’hui directeur de cabinet pour la Mairie de Romans-sur-Isère.

  • Bonjour Germain, peux-tu nous parler de ton parcours?

  • Je suis originaire du sud de la France, de Hyères dans le Var. Après mon bac ES, j’ai hésité entre passer les concours de Sciences Po, ou entrer en prépa HEC. J’ai finalement opté pour une prépa HEC au Lycée Stanislas à Cannes. Dès la première année, j’ai eu connaissance de HEC Montréal par un ancien élève de la prépa, parti l’été précédent, qui vantait la qualité des cours, et des infrastructures à Montréal. J’ai donc fait le grand pas l’année suivante, sans attendre le couperet des concours car j’étais certain que l’expérience serait enrichissante. Après avoir validé un baccalauréat mixte Gestion / Affaires Internationales à HEC Montréal en 2009, j’ai complété ma formation avec un Master II au CELSA (Paris IV – Sorbonne) en communication politique et des institutions publiques.

  • Ensuite, j’ai effectué un stage de fin d’études dans un cabinet de conseil en communication américain, Fleishman-Hillard, au sein du pôle « Gestion des enjeux sensibles ». J’intervenais auprès d’entreprises dans des situations de crises sociales et environnementales principalement. Notre rôle consistait à protéger la réputation d’entreprises internationales opérant sur le territoire français, en conseillant les dirigeants sur les pratiques vis-à-vis de la presse et des élus. J’ai ensuite eu l’opportunité de rejoindre une Député à l’Assemblée nationale, en tant qu’assistant parlementaire. J’ai collaboré avec elle pendant 18 mois extrêmement intenses puisqu’elle venait de prendre le mandat suite au décès du Député pour laquelle elle était suppléante. Mais les parcours politiques ne sont pas toujours linéaires, et nous avons dû faire face à la défaite du Président de la République, qui a emporté la Député pour laquelle je travaillais lors des élections législatives. A ce moment-là, nombre de mes collègues collaborateurs parlementaires se sont retrouvés en difficulté car nous étions tous licenciés, sans grand espoir de retrouver un Député, puisque la vague rose avait porté à l’Assemblée des Députés qui n’avaient pas les mêmes convictions que nous.

  • L’avantage d’avoir un parcours mixte gestion / politique est que cela m’a permis de retrouver un emploi assez vite chez FTI Consulting, un cabinet de conseil en stratégie de communication spécialisé dans les cas de restructurations financières. Nous conseillions des entreprises dans leurs relations avec le gouvernement, les parlementaires, les autorités locales, et la presse dans des gros dossiers industriels et financiers qui faisaient régulièrement la « une » des medias.

  • Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à la politique?

  • J’ai toujours été passionné par la politique. Très jeune, je lisais les journaux régionaux et nationaux, je lisais des biographies d’hommes politiques, j’ai toujours été plus intéressé par l’histoire contemporaine à partir de 1914. Nous avons toujours parlé de politique en famille, même si aucun de mes proches n’a fait carrière dans ce domaine. A HEC Montréal, dès la première année, je suis devenu Vice-Président en charge des activités politiques de la SRA. C’était l’année des élections présidentielles de 2007 et nous avions eu l’idée d’inviter les représentants de principaux partis politiques français pour débattre. Le Salon L’Oréal était plein pour l’occasion. Nous avons aussi organisé une conférence avec le Rédacteur en chef du Courrier international à l’occasion d’un numéro spécial Québec. J’ai aussi participé pendant trois ans à une simulation du Parlement européen, qui avait été lancée par des étudiants de l’Université Laval il y a une quinzaine d’année, la SPECQUE (Simulation du Parlement Européen Canada Québec Europe) et qui réunissait 150 étudiants canadiens et européens pour débattre de textes européens. Bref, la politique est une passion ancienne, et j’ai eu l’occasion à HEC Montréal de conserver cet intérêt grâce à la vie étudiante alors que ce n’était pas forcément le cœur de la formation.

  • Quelle est ton actualité?

  • Depuis le mois de mars, à l’issue des élections municipales, la Député pour laquelle je travaillais à l’Assemblée nationale est devenue Maire de Romans-sur-Isère, une ville de 35 000 habitants entre Valence et Grenoble dans la Drôme. Elle m’a alors proposé de devenir son directeur de cabinet ce que j’ai accepté. Mon rôle est de faire le lien entre les exigences du Maire et de la majorité municipale d’une part, et l’administration d’autre part qui est dirigée par un Directeur Général. Pour faire un parallèle avec le monde de l’entreprise, je suis la courroie de transmission entre le Président du Conseil d’administration et le Directeur Général. Sauf qu’en politique, les administrés peuvent interpeller les élus en permanence, ce qui n’est pas le cas des consommateurs vis-à-vis des actionnaires !

  • Je suis en contact avec une multitude d’acteurs institutionnels publics et privés et le fait d’avoir été conseil d’entreprises est un « plus » indéniable vis-à-vis des entreprises, qui sont parfois très critiques envers le public. Modestement, nous essayons avec le Maire, elle-aussi venue du privé, de lancer des chantiers inédits à commencer par le management par projets que nous avons initié dès notre prise de fonction, et qui est complètement nouveau pour une organisation publique.

  • En quoi le fait d’avoir étudié à Hec Montreal a pu être un atout dans ton parcours?

  • Au moment d’intégrer le CELSA, je suis certain que l’originalité de mon parcours a joué lors de l’entretien. Je me suis retrouvé en concurrence avec beaucoup de profils venus des sciences politiques et le directeur du master voulait avoir une diversité de profils. Mes camarades étaient des géographes, des littéraires, des communicants, mais aucun venait d’une école de commerce, et encore moins de l’étranger.

  • Quels sont tes meilleurs souvenirs à l’École?

  • Ma vie à l’école est très associée à la vie étudiante car j’y ai passé la plupart de mes temps libres. En deuxième année, j’étais Président de la SRA. Je me souviens que chaque mois, nous avions un événement organisé (la Simulation de l’OMC, la Foire de l’Emploi, des diners-conférences). Inaugurer la Simulation Boursière à la Caisse des Dépôts reste mon meilleur souvenir. Je me suis aussi retrouvé à expliquer sur le plateau de « Radio Canada » pourquoi nous avions voulu faire un libdub pour faire la promotion de l’école. Je garde aussi un excellent souvenir de quatre jours de ski en Gaspésie organisé par Vida. Le 4@7, le Café campus, et les soirées de début et de fin de session sont aussi des souvenirs plus festifs. Plus sérieusement, j’ai été très imprégné de plusieurs cours de psychologie des organisations et de management interculturel. J’en ai d’ailleurs conservé les livres !

  • As-tu des conseils à donner aux diplômés qui souhaiteraient travailler dans ce domaine?

  • Je n’ai pas de recette magique parce qu’il n’y a pas de parcours écrit d’avance pour être collaborateur d’élus, ou consultant en communication. Mais si nous devons tirer quelques enseignements de mon parcours, et de celui d’autres anciens d’HEC qui évoluent dans ce milieu, je pense qu’il ne faut pas négliger l’importance de se constituer un réseau. Les postes ne sont jamais publiés parce que les recrutements se décident avant tout sur les recommandations et la confiance. Ce milieu est relativement fermé, mais il n’est pas imperméable. Je n’avais aucun contact avant d’entrer au CELSA. Au-delà des relations qu’on créées au cours des études, il est important d’avoir un engagement dans un parti politique parce que cela permet de comprendre les organisations politiques et cela permet de tisser de vraies amitiés.