Karine Roche : BAA ’93

  • Après un début de carrière très prometteur en conseil en stratégie à l’international, Karine Roche a tenté sa chance en entrepreneuriat en créant la société Polaar avec son associé Daniel Kurbiel en 2004.L’entreprise, qui va fêter ses 10 ans cette année, a su s’imposer grâce à une histoire et une identité très fortes.

  • Bonjour Karine, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

  • J’ai été diplômée du BAA en Finances et Gestion Internationale d’HEC Montréal en 1993. Depuis mes 18 ans, j’avais pour objectif de faire du conseil en stratégie chez Monitor Groupe (racheté en 2013 par Deloitte) en Amérique du Nord.

  • Grace aux sessions de recrutements organisées au sein même des HEC J’ai été recrutée par Monitor Group en 1997 et j’ai rejoint leur bureau de Toronto. Avec Eric Kacou et Gérald Tremblay nous étions les seuls francophones recrutés au Québec. C’est d’ailleurs Eric Kacou qui m’a présenté par la suite mon associé, Daniel Kurbiel.
  • J’ai fait des missions dans toute l’Amérique du Nord, notamment pour Alcan ou Sprint Canada. Je me souviens d’une mission à New-York pour laquelle j’ai travaillé directement avec Michael Porter, un des fondateurs de Monitor. HEC Montréal m’avait donné la chance de réaliser mon rêve. J’ai passé 2 ans à Toronto puis j’ai rejoint le bureau de Paris ou j’ai passé 4 ans avec des projets dans toute l’Europe et au Moyen-Orient. Je garde en particulier à l’esprit une mission passionnante en Israël pour le développement de l’industrie des biotechnologies pour lequel j’ai travaillé avec des start-up, des fonds d’investissement, des universités et le gouvernement israélien.
  • J’ai quitté le groupe en 2002 pour rejoindre le BCG (Boston Consulting Groupe) où j’ai passé 6 mois. Entre temps, j’ai rencontré Daniel Kurbiel (HEC 1997) qui m’a parlé de son projet de création d’une entreprise de cosmétique. Il m’a proposé de l’accompagner dans ce projet. J’ai finalement décidé de quitter le BCG pour créer l’entreprise Polaar avec lui en juin 2004.
  • Aujourd’hui, en tant que Directrice des Opérations, je suis responsable du back-office (administratif, ressources humaines, juridique et la finance) et je supervise la production. De son côté, Daniel s’occupe du front-office soit principalement le développement commercial et l’image de la marque. Nous travaillons avec une dizaine de collaborateurs.

  • Quelle est votre actualité?

  • En 2013, nous avons transformé toute notre ligne de soins pour femmes et créé la Véritable crème de Laponie qui connait un énorme succès. En 2014, pour les 10 ans de Polaar, nous rénonvons toute la ligne Polaar Men

  • En dix ans, l’entreprise a connu un bon développement avec une bonne implantation en France – nos produits sont présents dans tous les Marionnaud et dans certaines pharmacies haut de gamme -, ainsi que dans une quinzaine de pays à l’international.

  • Qu‘est-ce qui explique le succès de Polaar ?

  • Aujourd’hui, avec les problématiques de changement climatique, on parle davantage de l’Antarctique, et de son environnement unique. Mais à l’époque c’était assez surprenant. Les gens n’imaginaient pas qu’on puisse trouver dans ces régions des plantes aux vertus extraordinaires. Polaar est une marque incarnée, avec un vrai concept, une vraie légitimité, une vraie histoire. 35 ans d’expédition en Arctique. C’est l’authenticité qui plait. Par ailleurs, nous sommes extrêmement attentifs à la qualité de nos produits et cherchons sans cesse à innover. Tous nos produits sont fabriqués en France. Nous sommes la première entreprise de cosmétique à avoir d’abord lancé une ligne de produits pour les hommes avant de proposer des soins pour femmes. Nous avons ensuite créé une gamme solaire, sujet qui nous tient particulièrement à cœur.

  • La science, la recherche, le développement de nouveaux actifs, de nouvelles textures, c’est très important pour nous. Nous cherchons sans cesse de nouvelles idées pour proposer des produits pratiques, efficaces et innovants.

  • En quoi le fait d’étudier à HEC Montréal a pu être un atout dans votre parcours?

  • J’ai adoré ces 3 années. Découvrir une autre culture, un autre environnement, ça m’a ouvert les yeux sur le monde. Le côté pluridisciplinaire m’a beaucoup appris. Aujourd’hui encore je me sers constamment de ce que j’ai appris à HEC tant dans la Finance, les Ressources Humaines, le Marketing…

  • Mais au delà des compétences et du savoir-faire, nous avons appris à poser des questions, à échanger, ce qui a été déterminant lors de la création de Polaar. Avec Daniel, nous avons rencontré de très nombreuses personnes pour nous renseigner, poser un maximum de questions, présenter notre projet et nous faire conseiller. En France, les gens sont plus réservés et ont tendance à avoir peur de se faire voler leurs idées. Cette envie d’échanger, c’est un réflexe que nous avons acquis à HEC et qui nous a vraiment aidé.
  • HEC est une école multiculturelle avec une ouverture incroyable sur le monde. Lorsque nous avons créé nos premiers produits, ils étaient bilingues. Dès le début nous avons intégré la dimension internationale à nos produits pour se développer à l’étranger. Cela nous a également donné les clés pour comprendre nos fournisseurs étrangers.
  • Dans notre équipe, tout le monde a vécu ou étudié à l’étranger, ou est d’origine étrangère. La qualité de l’enseignement, des intervenants et cette dimension internationale, sont les aspects qui nous ont le plus séduits à HEC Montréal.

  • Quels sont vos meilleurs souvenirs à l’Ecole ?

  • L’excellente ambiance dans la classe avec mes amis de promo dont plusieurs sont restés des amis proches aujourd’hui ; tous les cours me semblaient passionnants, pratico-pratiques. Cela m’a donné de très bons outils pour la suite. L’énergie dégagée par l’école, l’idée que tout est possible, que rien n’est insurmontable. Créer une entreprise de cosmétique dans un pays où se trouve le leader mondial dans le domaine, c’était un pari risqué. Mais cela ne nous est pas apparu impossible et nous avons bien fait de tenter l’expérience. 10 ans plus tard, Polaar connaît un beau succès et nous avons une vraie légitimité dans le secteur. Grâce à l’Ecole j’ai pu réaliser mes rêves professionnels c’est à dire travailler chez Monitor Group, puis créer mon entreprise.

  • Auriez-vous quelques conseils à partager avec les diplômés ?

  • Suivez vos envies ! C’est là que réside votre énergie, votre réelle motivation et où vous serez convaincants. Saisissez les opportunités lorsqu’elles se présentent, elles repassent rarement deux fois ! N’ayez pas peur de prendre des risques. Si vous voulez créer votre entreprise, si vous avez une bonne idée et la motivation, faites-le ! N’attendez pas. Ce ne sera jamais mieux plus tard.

  • Ouvrez vous aux autres, profitez de votre réseau pour vous renseigner, pour mettre toutes les chances de votre côté.
  • Si un secteur vous plait particulièrement, renseignez-vous, accrochez-vous, ne faites pas de compromis.
  • La passion, l’énergie, l’envie, sont plus importants que tout le reste. Et si ça ne marche pas, relevez-vous et recommencez. Comme Daniel l’emprunte fréquemment à Beaumarchais « La difficulté de réussir ne fait qu’accroitre la nécessité d’entreprendre ! ».