Valérie Schneider : un profil axé sur les TIC

  • Tout est parti d’un choix après son secondaire. Faire une classe prépa ou intégrer HEC Montréal ? On connait bien évidemment la suite et c’est à partir de là que son parcours s’est construit autour du Marketing et de l’internationale. Suite à un riche parcours en tant que responsable Marketing dans le secteur des TIC, Valérie a lancé son entreprise de conseil en développement durable.

  • Bonjour Valérie, peux-tu nous parler de ton parcours ?

  • J’ai déménagé à Montréal avec mes parents en terminale. Après mon bac, j’ai hésité à retourner en France pour y faire une prépa, mais j’ai finalement choisi d’intégrer HEC Montréal, ce que je n’ai jamais regretté !

  • À 17 ans, en 1986, j’étais en 1ère année de BAA, il n’y avait quasiment pas de Français à HEC à l’époque. Une fois mon diplôme de Marketing & Gestion Internationale en poche, j’ai hésité entre travailler ou poursuivre mes études au Québec ou en France. Très attirée par le droit international, je me suis inscrite à Assas à Paris. Suite à ma 1ère année, j’ai fait un stage dans une petite entreprise de services informatiques lors duquel j’ai pu toucher à différents domaines. Développement, prospection commerciale, formation… Ce stage s’est transformé en emploi, ce qui a lancé ma carrière dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC).
  • J’ai travaillé pour plusieurs TPE (moins de 20 salariés), souvent éditeurs et distributeurs de logiciels en tant que responsable Marketing ou chef de produit. Je faisais le relai avec les développeurs externes en France et à l’international. Côté technique, je me suis formée sur le terrain, j’avais toujours été attirée par les technologies- d’ailleurs j’avais adoré le cours de TI à HEC.
  • J’ai ensuite travaillé dans le domaine des cartes à puces en tant que chef de produit chez Oberthur Technologies. J’ai réussi à les convaincre alors que je n’avais pas de fortes compétences techniques. J’ai ensuite rejoint les équipes de Canal+ Technologies en tant que chef de produit de la solution de sécurisation Mediaguard qui était vendue aux filiales et à l’international.
  • Je m’intéressais de plus en plus à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et au développement durable et je me posais des questions sur ce que je voulais faire. En entreprise, on voyait émerger des problématiques de stress et de souffrance au travail. Je me suis impliquée dans des instances de représentation du personnel (CE, CHSCT), une belle opportunité de pouvoir me former sur les sujets de RSE tout en restant dans mon entreprise. Ils ont accepté de me confier une étude stratégique pour voir ce qui pouvait être fait sur le sujet, comment rendre l’entreprise actrice du développement durable.
  • Il y a 2 ans, l’entreprise a annoncé un PSE (Plan social ou Plan de Sauvegarde des Emplois), je suis partie et j’en ai profité pour me lancer sur le sujet.

  • Quelle est ton actualité?

  • Je me suis mise à mon compte il y a quelques mois, en mars 2014. Je conseille des entreprises sur le Green IT, c’est à dire que je trouve avec elles comment elles peuvent mieux utiliser les technologies pour réduire leur empreinte environnementale et sociale et ainsi faire des économies, en termes énergétiques par exemple. J’accompagne surtout des PME dans le secteur des TIC, mais pas uniquement, la RSE est très transversale et s’applique à tous les secteurs. Vous pouvez vous rendre sur mon site web pour en savoir plus.

  • J’ai complété mes compétences par une formation auprès de l’AFNOR, ce qui m’a permis d’obtenir une certification ICA basée sur la norme ISO 26000, un outil pour donner des lignes directrices et évaluer les entreprises sur leur niveau de maturité par rapport à la RSE.
  • En parallèle, j’enseigne à l’ISEP, école d’ingénieur, où j’ai créé un module ‘Ingénieur et RSE’. Dès décembre, je formerai également des Master 2 en Ressources Humaines à Sup Des RH.

  • Est-ce que les entreprises françaises sont prêtes à investir et agir dans ce domaine? Quelles sont leurs motivations?

  • Le marché n’est pas idéal en ce moment. Le développement durable était à la mode vers 2010, au moment du Grenelle de l’environnement, mais aujourd’hui l’effet de mode est un peu retombé. On peut observer deux principaux comportements. Certaines entreprises s’y intéressent principalement pour améliorer leur image, comme vitrine, sans s’en préoccuper réellement, alors que certains chefs d’entreprise en font un de leurs axes majeurs de développement ce qui va leur permettre de se distinguer de leurs concurrents par ces aspects. 63% des études menées dans le domaine de la RSE ont conclu que la RSE était rentable. Link by Net en est un bon exemple.

  • Il faut que le projet soit porté par les dirigeants et fasse partie de la stratégie d’entreprise pour que ça fonctionne et que l’impact soit significatif. La RSE, c’est une manière de dépenser mieux, par exemple en faisant appel à une entreprise sociale et solidaire pour l’organisation d’un événement.
  • Ça peut devenir un moteur important de satisfaction pour les salariés; la RSE n’est pas une obligation, mais peut devenir un vrai atout pour les entreprises.

  • En quoi le fait d’étudier à HEC Montréal a pu être un atout dans ton parcours?

  • Le travail en groupe m’a beaucoup marqué, c’était très différenciateur à l’époque. HEC Montréal, c’est un état d’esprit où on peut oser. Aujourd’hui à mon compte, je cherche toujours à faire des projets en équipe

  • Par ailleurs, cette expérience m’a donné une vision complète et transverse sur de nombreux sujets, et une bonne connaissance du fonctionnement d’une entreprise qui m’a servi dans tous mes postes.

  • Quels sont tes meilleurs souvenirs à HEC Montréal?

  • J’ai adoré les fêtes et les associations. C’était le début de l’AEAHEC, on avait créé un journal pour créer un lien entre HEC Montréal et HEC Paris.

  • Culturellement ça a été une expérience enrichissante. Par exemple, un jour, une étudiante québécoise s’est levée en cours pour corriger le prof qui venait de mentionner « les hommes » en général dans une phrase pour lui dire « il ne faut pas utiliser ce mot. Il faut dire les hommes et les femmes ». Ça m’a frappé, je découvrais le féminisme à la québécoise!
  • J’ai beaucoup aimé les travaux de groupe en Marketing, les études et sondages, c’était très pragmatique.
  • Le rythme était assez intense, on avait beaucoup de travail personnel et de groupe, mais c’était passionnant.

  • As-tu des conseils pour les diplômés qui voudraient se lancer dans le Développement durable ou la RSE?

  • Il est important d’acquérir le vocabulaire, les outils et la méthodologie nécessaires, par exemple en obtenant une certification de l’AFNOR. Les postes de chef de projet ou chargé de mission RSE sont rares, les postes sont souvent proposés en interne ou à des jeunes en stage.

  • Développez votre réseau via LinkedIn, Viadeo, les clubs et associations, les réseaux de diplômés, les déjeuners conférences, ou encore le speed-networking.

  • En quoi l’association d’HEC Montréal en Europe pourrait t’être utile? Et de ton coté, penses-tu également pouvoir apporter ta contribution?

  • Quand je suis rentrée en France suite à mon diplôme au début des années 90, HEC Montréal était peu connue en France, c’était difficile de faire valoir ce diplôme. J’ai fait partie du bureau de l’association à l’époque, j’avais envie de m’impliquer pour favoriser le rayonnement de l’Ecole en France et en Europe.

  • Aujourd’hui, je cherche à développer mon réseau dans le cadre de mon activité. Je suis de près ce que fait l’association en termes d’événements de réseautage et j’y participe régulièrement.
  • J’ai contribué en animant un café-débat Rendez-vous TI et Développement Durable en avril 2014 sur la thématique « La Responsabilité Sociale et Environnementale des Technologies de l’Information ». J’ai également fait un don à la Fondation HEC Montréal via Campus Montréal à l’occasion du rendez-vous annuel des diplômés à Paris en juin 2014.